Le Panama, c’est pas le Pérou


Newsflash n°151

Lundi 11 avril 2016, Erik Rydberg, 2660 signes.
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Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

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La divulgation de plus de 11 millions de documents financiers témoignant d’un nombre équivalant d’opérations d’évasion fiscale via le Panama embarrasse plus d’un membre de la "jetset" régnante, dont les premiers ministres britannique, islandais, ukrainien, argentin, etc. Sans compter les grandes banques, UBS, HSBC, Société générale, Deutsche Bank, Dexia, il y en a 365 en tout, etc. Comme chacun sait. C’est partout, tous les journaux, tous les réseaux dits sociaux. Inutile, donc, d’encore tartiner dessus. Sinon peut-être pour le côté piquant de l’affaire. Avec la numérisation et l’électro-surveillance de tout ce qui bouge, grosso modo, qui ne s’est pas dit : "Ils savent tout sur nous." Bien vrai. Mais l’inverse est vrai aussi : "Nous savons tout sur eux." À preuve, les "Panama Papers". Y aura-t-il des lendemains à cette énième fuite ? On peut à bon droit s’interroger. Dans un petit livre récent (La Médiocratie, édition Lux, 2015), Alain Deneault exprimait, devant d’autres faits de corruption de la "jetset", un même scepticisme : "Pourquoi donc cela ne nous saute-t-il pas aux yeux, comme il sautait aux yeux du peuple abusé de France en 1789 et 1848 qu’il fournissait lui-même à une élite monarchique ses richesses et privilèges, lorsque défilaient dans les rues des colonnes de carrosses arborant leur dorure ? Pourquoi cette cécité soudaine ?" Des fenêtres du Gresea, on les voit souvent passer, les colonnes de limousines, encadrées toutes sirènes hurlantes par des motards de la police…

Sur la "filière" de la divulgation, qui va d’un informateur anonyme "sonneur d’alerte" au journal allemand Süddeutsche Zeitung puis au Consortium Consortium Collaboration temporaire entre plusieurs entreprises à un projet ou programme dans le but d’obtenir un résultat.
(en anglais : consortium)
international des journalistes d’investigation ICIJ (Washington) qui en a disséminé l’exclusivité à une centaine de journaux occidentaux, voir – mais c’est en anglais – l’analyse de Margaret Kimberley "The Panama Papers Problem", http://www.counterpunch.org/2016/04/06/the-panama-papers-problem/
Sur cet autre aspect piquant, à savoir que les États, si bien outillés pour suivre à la trace toutes nos conversations téléphoniques, transferts bancaires et visites d’Internet, seraient donc démunis (?) pour traquer les évasions fiscales via sociétés-écrans des paradis fiscaux, voir – mais c’est encore en anglais – le papier de Farooque Chowdhury "Panama papers : Denials expose more than the original exposé" : http://www.pambazuka.org/democracy-governance/panama-papers-denials-expose-more-original-expos%C3%A9
On consultera aussi, en français !, l’excellent site d’Acrimed : http://www.acrimed.org/Panama-Papers-voila-pourquoi-il-faut-rejeter-le