Express Bruxelles-Budapest, embarquement immédiat


Newsflash n°81

Vendredi 8 avril 2011, Erik Rydberg, 1882 signes.
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Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

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A Bruxelles, le Parlement s’inquiète des destinations touristiques du Prince Laurent. A Budapest, à l’appel de la Confédération européenne des syndicats, des milliers de travailleurs s’apprêtent à manifester, le samedi 9 avril 2011, contre les politiques d’austérité Austérité Période de vaches maigres. On appelle politique d’austérité un ensemble de mesures qui visent à réduire le pouvoir d’achat de la population.
(en anglais : austerity)
de la Commission européenne. Voilà deux priorités d’un ordre de grandeur différent. L’austérité Austérité Période de vaches maigres. On appelle politique d’austérité un ensemble de mesures qui visent à réduire le pouvoir d’achat de la population.
(en anglais : austerity)
, il faut dire, n’est pas chose simple. Ou plutôt, peut-être, trop simple. Dans le Wall Street Journal [1-3 avril 2011], le journal de la finance de Rupert Murdoch, Alen Mattich a bien montré devant quel dilemme se trouve l’Allemagne qui, invitée à secourir le "trio perdant" de l’Union européenne Union Européenne Ou UE : Organisation politique régionale issue du traité de Maastricht (Pays-Bas) en février 1992 et entré en vigueur en novembre 1993. Elle repose sur trois piliers : les fondements socio-économiques instituant les Communautés européennes et existant depuis 1957 ; les nouveaux dispositifs relatifs à la politique étrangère et de sécurité commune ; la coopération dans les domaines de la justice et des affaires intérieures. L’Union compte actuellement 27 membres : Allemagne, Belgique, France, Italie, Luxembourg, Pays-Bas (1957), Danemark, Irlande, Royaume-Uni (1973), Grèce (1981), Espagne, Portugal (1986), Autriche, Finlande, Suède (1995), Chypre, Estonie, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Malte, Pologne, Slovaquie, Slovénie, Tchéquie (2004), Bulgarie, Roumanie (2007).
(En anglais : European Union)
(Grèce, Irlande & Portugal), n’a en somme que deux choix. Et c’est : soit renflouer, soit renflouer. Ou bien renflouer le trio, ou bien renflouer ses propres banques. Logique puisque, fin 2010, les banques allemandes ne détenaient pas moins de 230 milliards d’euros de créances pourries sur les trois pays concernés et, les laisser tomber, reviendrait à laisser tomber ses propres banques. Ce serait indécent. Ajouter que là, ce ne sont que les banques allemandes : si on étend le champ de vision à l’ensemble du système bancaire de la zone euro, la facture grimpe à 560 milliards d’euros, logés chez le trio, détenus par les banques dites "fortes" de la zone euro. Facture qu’il faudra bien payer : les manifestants, à Budapest, n’ignorent pas qui est visé, le monde du travail. Aux banques, on ne touchera pas. Dans le même article, pourtant, Mattich cite une petite phrase tenue en 2009 par Lord Turner, patron de l’autorité britannique de contrôle des marchés financiers. Une grande partie des activités du secteur financier, dit-il, est "socialement sans valeur". Les idées nouvelles progressent lentement mais, là, il y a comme le frémissement d’un effet d’accélération…