Le développement en débat : la voie tiers-mondiste ?


Newsflash n° 105

Lundi 22 octobre 2012, Erik Rydberg, 2794 signes.
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Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

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Les pays africains qui arrivent à sortir du lot économiquement (dans l’original anglais, plus savoureux : "who break from the pack") sont ceux "qui le font à leur manière, souvent par un acte de défi direct contre les conseils des experts étrangers venus en Afrique pour l’utiliser comme une maquette afin de créer la société idéale de leurs rêves." C’est encore gentiment dit. La citation est de William Reno, un politologue de la Northwerstern University (États-Unis), et vient au bout d’un article de Simon Akam qui vaut le détour. Intitulé "Repenser comment au mieux aider l’Afrique" et publié dans l’International Herald Tribune du 12 octobre 2012, l’article relève que les Objectifs du millénaire pour le développement (ODM) manquent singulièrement leur but, et ce, indique James Putzel de la London School of Economics, parce qu’ils n’ont de yeux que pour des indicateurs d’amélioration du mieux-être en ignorant totalement les conditions économiques qui pourraient y conduire : en ne s’interrogeant pas sur les manières de "stimuler une croissance Croissance Augmentation du produit intérieur brut (PIB) et de la production.
(en anglais : growth)
productive et durable
", dit Putzel, les ODM ne "répondent pas aux problèmes centraux" des pays africains. Et il n’est pas dit que la politique consistant désormais à utiliser la société civile comme "planche de salut centrale dans la doctrine contemporaine de l’aide au développement" y change grand-chose. Cette réorientation de l’aide, consistant à financer directement les ONG sans passer par les États africains, vise comme on sait à "susciter des contrepouvoirs vis-à-vis de l’appareil d’État" et, estime Simon Akam, pose, comme les politiques dite "d’appropriation", plus de problèmes qu’elle n’en résout. Alors, quoi ? Réponse, si on veut, dans le verdict de William Reno, ci-dessus. Comme note Simon Akam, ce qui compte aujourd’hui en Afrique, bien plus que les tentatives de reformuler les priorités de l’aide "traditionnelle" (occidentale), ce sont deux développements récents ouvrant la voie à un "avenir économique africain potentiellement plus heureux ou, à tout le moins, différent". C’est, d’une part, l’extension phénoménale de la mobilophonie. Et, d’autre part, la montée en puissance de la Chine en Afrique qui, selon d’aucuns, permettrait au continent africain de quitter son rôle traditionnel d’exportateur de matières premières pour croître comme une "région d’industrie légère" grâce, certes, à de bas salaires. C’est, mettons, à envisager dans un premier temps.

Article intégral en anglais, publié dans le New York Times sous un titre Titre Morceau de papier qui représente un avoir, soit de propriété (actions), soit de créance à long terme (obligations) ; le titre est échangeable sur un marché financier, comme une Bourse, à un cours boursier déterminé par l’offre et la demande ; il donne droit à un revenu (dividende ou intérêt).
(en anglais : financial security)
différent mais ô combien explicite "Changement de paradigme dans l’aide à l’Afrique" : http://www.nytimes.com/2012/10/12/business/global/a-paradigm-shift-for-aid-to-africa.html?pagewanted=all&_r=0