Pour la Commission, la spéculation ne fait pas augmenter les prix


Newsflash n°76

Mercredi 26 janvier 2011, Raf Custers, 2686 signes.
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Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

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Toute industrie a besoin de matières premières. L’Union européenne Union Européenne Ou UE : Organisation politique régionale issue du traité de Maastricht (Pays-Bas) en février 1992 et entré en vigueur en novembre 1993. Elle repose sur trois piliers : les fondements socio-économiques instituant les Communautés européennes et existant depuis 1957 ; les nouveaux dispositifs relatifs à la politique étrangère et de sécurité commune ; la coopération dans les domaines de la justice et des affaires intérieures. L’Union compte actuellement 27 membres : Allemagne, Belgique, France, Italie, Luxembourg, Pays-Bas (1957), Danemark, Irlande, Royaume-Uni (1973), Grèce (1981), Espagne, Portugal (1986), Autriche, Finlande, Suède (1995), Chypre, Estonie, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Malte, Pologne, Slovaquie, Slovénie, Tchéquie (2004), Bulgarie, Roumanie (2007).
(En anglais : European Union)
, étant devenue dépendante d’importations, étudie comment s’assurer de son approvisionnement. Depuis 2005 l’industrie allemande a porté le sujet au niveau de la commission européenne. En 2008, le commissaire Peter Mandelson – peu avant qu’il ne gagne le monde des affaires - l’a traduit en programme appelé ‘Initiative des Matières Premières’ (IMP). L’année passée, tout « stakeholder Stakeholder Ensemble des parties prenantes d’une firme, c’est-à-dire les salariés, le management, les clients, les fournisseurs, les autorités publiques, etc. Le concept de stakeholder s’oppose à celui de shareholder, c’est-à-dire d’actionnaire. Selon certains, il faudrait que les entreprises se développent en améliorant le sort des stakeholders et non des seuls shareholders.
(En anglais : stakeholder)
 » a pu soumettre ses suggestions pour améliorer la stratégie. Il devait être rendu public ce 26 janvier. Or, deux jours avant, tout bloque. Victoire des consultés ? Révolte dans les coulisses ? Il semble plutôt qu’un conflit d’intérêts majeurs ait conduit la commission à reculer.

Que propose donc cette IMP ? Une stratégie basée sur « trois piliers » : accès illimité aux ressources primaires (en dehors de l’Europe), approvisionnement soutenu de matières premières de sources européennes et en troisième lieu, utilisation plus efficace et promotion du recyclage de matières premières.
Le 26 janvier le Parlement européen a consacré une séance publique à l’IMP. Là, le Bureau Européen de l’Environnement (BEE, représentant quelques 140 organisations) a souligné que le Pilier-3 devrait avoir la priorité et d’ajouter qu’une tendance néo-colonialiste n’est pas à exclure dans la stratégie de la Commission européenne. Tout autre son de cloche de Stefan Mair de la BDI (fédération de l’industrie allemande) : « nous avons des outils commerciaux et devons les utiliser », a-t-il dit. Incompréhension donc de ce côté, pour les pays producteurs qui limiteraient leurs exportations. Tout dernier au micro, Mr Sujiro Séam pour la France, qui - sans aucune grimace – explique que les prix des matières premières font des cabrioles impossibles et que son gouvernement en charge actuellement du club du G20 G20 Extension du G8 à d’autres pays de la planète, considérés comme importants par leur taille et leur poids politique et économique. Il s’agit de 19 pays (Afrique du Sud, Allemagne, Arabie Saoudite, Argentine, Australie, Brésil, Canada, Chine, Corée du Sud, États-Unis, France, Grande-Bretagne, Inde, Indonésie, Italie, Japon, Mexique, Russie et Turquie) et de l’Union européenne. Créé en septembre 1999, ce groupe a pris une importance croissante avec la crise économique, étant donné qu’il apparaît que celle-ci ne peut plus être résolue par les pays du G8 seuls.
(En anglais : G20)
, fera tout pour maîtriser cette volatilité. « Comme l’a dit le président Sarkozy ce lundi » ajoute Mr Séam. Sarkozy a encore dit autre chose. Lorsqu’un journaliste fait remarquer que « la Commission européenne est en train de publier une étude qui dit qu’en fait, la spéculation Spéculation Action qui consiste à évaluer les variations futures de marchandises ou de produits financiers et à miser son capital en conséquence ; la spéculation consiste à repérer avant tous les autres des situations où des prix doivent monter ou descendre et d’acheter quand les cours sont bas et de vendre quand les cours sont élevés.
(en anglais : speculation)
ne contribue pas à l’augmentation des matières premières », le président français de répondre : « L’étude montrant que la spéculation Spéculation Action qui consiste à évaluer les variations futures de marchandises ou de produits financiers et à miser son capital en conséquence ; la spéculation consiste à repérer avant tous les autres des situations où des prix doivent monter ou descendre et d’acheter quand les cours sont bas et de vendre quand les cours sont élevés.
(en anglais : speculation)
ne conduit pas à l’augmentation du prix des matières premières au niveau mondial, je recommanderais une date pour la publier : le 1er avril ». Poisson d’avril, sans blague. A la Commission ils n’ont pas rigolé. D’où report de l’Initiative des Matières Premières.