Mateo Alaluf, un des meilleurs pourfendeurs du crétinisme ambiant, tient depuis des années une chronique démontant les pièges du "prêt-à-penser" dans la revue Politique. Entendre par là les pseudo-concepts mis à la mode par la contre-révolution néolibérale qui, depuis plus d’un quart de siècle, s’est partout emparée des esprits de façon écrasante : OPA totale sur notre vocabulaire.
C’est qu’il fallait que le sens des mots change, qu’il empêche toute pensée critique, voire une pensée tout court. Il fallait une pensée molle - qui englue le cerveau social, qui rende tout simplement imprononçables et interdits de séjour mental tout terme qui s’oppose à la marchandisation de la société - il n’y a pas et il ne peut plus y avoir d’alternative : services publics, écoles, justice, culture, tout doit y passer.
C’est dire que le premier combat contre un tel programme de lavage des cerveaux, comme y invite Mateo Alaluf, page après page, décryptage après décryptage, est de reconquérir le langage. Sont passés en revue ici quelque 58 pseudo-concepts, de la bureaucratique "intégration" à la managériale "l’expertise économique" (sic) en passant par les "fenêtres d’opportunités" et autres "égalités des chances" à rester dans les rangs des classes subalternes, sans passé, sans avenir. S’émanciper, c’est, toujours, sans cesse, prendre le contre-pied.

Mateo Alaluf, Contre la pensée molle - Dictionnaire du prêt-à-penser (II), Bruxelles, éd. Couleur livres, Coll. L’autre économie, 2014, 157 pages, 16 euros. Disponible au Gresea – Prix réduit pour tout achat groupé.

 


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